La validation du plan de relance américain de 1 900 Md$ en février a ravivé les anticipations d’un fort rebond de l’activité économique et fait ressurgir les craintes d’un retour des pressions inflationnistes, qui obligeraient la Réserve fédérale américaine à remonter les taux prématurément. Les anticipations d’inflation sont ainsi remontées aux Etats-Unis au-dessus de la cible visée de 2% et les taux d’intérêt souverains à 10 ans ont progressé d’une trentaine de points en un mois, d’une soixantaine maintenant au total depuis le mois de décembre (1.48% actuellement).
Par l’efficience des marchés, cela a entraîné une hausse des rendements en zone Euro. Le taux souverain français à 10 ans s’est rapproché de la barre des 0% sans la franchir. Il est actuellement à -0.15%, il était aux alentours de -0.45% en décembre dernier.
Une hausse de l’inflation ciblée est probable sur certains secteurs d’activité considérés comme stratégiques. En revanche, une hausse généralisée est moins envisageable (lire à ce sujet nos notes précédentes). De la même manière, une poursuite du renchérissement du prix des actifs est à prévoir. Les différentes places boursières ont accueilli positivement la nouvelle. Le CAC40 a refranchi la barre des 6 000 points, retrouvant les niveaux qui prévalaient avant la crise COVID.
La zone Euro n’est pas au même stade du cycle économique que les Etats-Unis, la reprise est encore très fragile, et les anticipations d’inflation, bien qu’en accélération, ne dépassent pas 1,50%, un niveau en deçà de la cible de 2%.
La pression est pourtant mise sur la Banque Centrale Européenne et le sujet du renforcement des mesures, achats du PEPP principalement, est régulièrement discuté. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, très mobilisé sur le sujet, a déclaré « il n’y a aucun risque de surchauffe inflationniste » en zone Euro et a ajouté que la BCE ferait preuve de flexibilité à tous les niveaux sur les rachats d’obligations. Il a précisé « nous maintiendrons une politique monétaire accommodante aussi longtemps que nécessaire pour arriver à notre cible ».
Nous partageons cet avis, estimant que le spectre de la déflation n’est toujours pas éloigné. La zone Euro fait face à des difficultés structurelles et relancer durablement la machine économique n’est pas tâche aisée. Nous tablons sur un maintien durable des taux bas. Après cette phase euphorique de remontée des taux longs, un lent glissement dans les mois à venir pour revenir vers des niveaux plus bas n’est pas à écarter.
La fin de l’année dernière a vu une fois de plus une véritable braderie des taux fixes proposés aux entités publiques.
Que ce soient les offres bancaires sur fond d’enveloppes TLTRO mises à dispositions par la BCE ou sur fond d’émissions massives opportunistes par leurs sociétés foncières, ou les offres obligataires sur appétit des investisseurs, les taux fixes proposés ont connu de nouveaux points bas.
La remontée des taux longs opérée en ce début d’année devrait mécaniquement faire monter les taux fixes proposés sur le premier semestre. Une nouvelle baisse sur le second semestre n’est pas à exclure.
Le taux de swaps à 10 ans en zone Euro est passé d’environ -0.25% début décembre à +0.04% aujourd’hui. L’Euribor 3 mois est resté stable, actuellement à -0.543%. La courbe des taux s’est pentifiée.
La question peut se poser de swapper certains taux fixes conclus en fin d’année dernière, pour se créer une ressource à taux variable à faible marge. La marge sur Euribor ainsi reconstituée devrait être inférieure aux marges des prêts proposés en fin d’année dernière (arbitrage). Mais surtout, contrairement à un prêt dans lequel le taux payé est toujours flooré à 0%, par l’intermédiaire du swap, l’emprunteur pourrait profiter de l’Euribor négatif. En fonction du niveau du taux fixe conclu en fin d’année dernière, le taux final payé par l’entité publique peut être proche de zéro voire même négatif dans certains cas.
Cette opportunité est à saisir avec discernement sur un montant de prêt marginal dans la dette. Car dans l’absolu les niveaux de taux sont tellement bas, que cela ne milite pas pour des stratégies de sensibilisation, en dehors d’opportunités ponctuelles d’arbitrage.
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